Après un parcours parlementaire perturbé par la dissolution la loi dite sur l'"aide à mourir" / Fin de Vie arrive au bout avec un vote final attendu demain 15 juillet 2026 par l'Assemblée Nationale malgré l'opposition du Sénat.
Présenté comme un aboutissement par les macronistes, il s'agirait pour eux d'un nouveau droit à la "fin de vie" et cela serait pour eux une grande avancée.
Bon je dois admettre que je suis un peu circonspect, je n'ai pas vraiment d'attente d'un tel droit sur la fin de vie, tout comme le droit de changer de sexe m'intéresse peu et la constitutionnalisation du droit à l'avortement - que personne ne remettait en cause - me laisse dubitatif.
Pour déminer le terrain politique sensible, le gouvernement avait décorrélé la fin de vie du sujet des soins palliatifs.
Donc une loi sur les soins palliatifs a été adoptée auparavant à une très large majorité auparavant pour soit disant assurer des soins palliatifs.
Cette loi sur les soins palliatifs sera t'elle réellement effective vu les contraintes budgétaires actuelles pour la santé ? Cela reste à vérifier à l'avenir !
A vrai dire, j'attendrai plutôt le droit des citoyens à agir véritablement sur leur devenir, mais tout a été fait pour confisquer le pouvoir.
Cet article fait l'analyse juridique du texte adopté en dernière lecture par l'Assemblée Nationale.
Il analyse donc ce que contient vraiment ce texte en évitant les qualificatifs réducteurs ("euthanasie") ou les considérations morales, religieuses ou philosophiques.
Donc, quelque soit les convictions de chacun, ce texte présente t'il des avancées pour les intéressés ou est il dangereux ?
Ce post du Gorafi ne faisait pas allusion à la loi "fin de vie" mais il résume bien la situation macroniste :
Flash: Après avoir transformé « Ehpad » en « Maisons France Autonomie », le gouvernement souhaite renommer « cimetière » en « Maisons France Repos ».
— Le Gorafi (@le_gorafi) April 25, 2026
Il faut lire texte adopté en 3ème lecture :
l'article 2 instaure un "droit à l'aide à mourir", c'est la personne qui veut mourir qui doit elle même exprimer la demande d'une telle aide
c'est la personne elle même qui s'injecte la substance létale, sauf si elle n'est pas en mesure physiquement de le faire.
il y a des critères cumulatifs à l'article 4 pour pouvoir "bénéficier" de ce dispositif :
L'article 5 instaure une procédure pour mettre en oeuvre cette demande. Une collégialité de médecin est instituée.
Il est dit qu'un médecin "en activité" recueille la demande, en excluant seulement les médecins qui ont des liens familiaux avec le demandeur.
Donc, quasiment n'importe quel médecin pourra statuer sur cette demande : cela sera bien souvent un médecin en EHPAD en charge du résident, mais cela peut être également
des médecins non résidents Français de contourner certains gardes fous
dès lors que l'article L4131-1 CSP permet à tout médecin UE d'exercer
C'est problématique, car des médecins ambulants difficile à poursuivre à l'étranger pourrait statuer de façon conciliante sur certaines demande
et il existe aussi des dérogations à des médecins non UE
Concernant l'administration de la substance létale, alors que la personne était censée se l'administrer elle même, sauf impossibilité physique,
l'article 9 est quant à lui beaucoup plus flou et n'exclu pas une aide dans d'autres conditions, sauf si la persone demande un "report".
De toutes façons, comme il n'est prévu aucun témoin pour assister à la scène, il est impossible de savoir a posteriori dans quelles conditions cette administration s'est effectuée (demande de report ? réticence de la personne ? aide d'un infirmier ?) et aucun procès verbal n'est prévu, il est juste question d'un certificat de décès
Non seulement cette loi a peu de gardes fous mais l'article 12 exclu explicitement tout recours de tiers sauf si le demandeur est sous tutelle).
C'est probablement le point le plus critique de la loi qui fera l'objet sans doute de recours devant le conseil constitutionnel : l'article 12 alinéa 2 risque d'être censuré partiellement, mais même s'il l'est, cela n'assurerait pas le recours effectif de proches, aucune publicité n'étant assurée auprès d'eux à la décision autorisant l'aide à mourir.
Très peu de dispositions pénales dans la loi, on devine que si la procédure n'est pas respectée, l'immunité prévue par l'article 122-4 du code pénal ne pourrait être accordée.
Quant aux dénonciations au procureur des pressions qu'aurait subies une personne pour qu'elle demande à mourir (article 10 alinéa 4), cela relève du sketch puisque je vois mal en quoi de telles pressions relèveraient de dispositions pénales.
Autre contradiction à mon avis, on a des textes qui interdisent la publicité pour le suicide mais on l'organise dans certains cas, faudrait savoir !
il n'y a pas d'interdiction de publicité pour des médecins pratiquant l'aide à mourir, alors qu'il suffisait d'étendre l'< a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070719/LEGISCTA000006165292" rel="nofollow">article 223-14 du code pénal réprimant la publicité pour le suicide
En l'état, ce texte rend possible de multiples dérives inacceptables et il semble même conçu pour que cela ait lieu vu que des députés ont ferraillé dur pour éviter toute garantie effective.
Au Bon Touite avance une explication :
Le mec qui voulait organiser une fête pour l'adoption de la loi Euthanasie est directeur d'Ehpad.
— AuBonTouiteFrançais 🍾🍾🍾 (@VictorSinclair3) July 9, 2026
Sans déconner.
Ca ne peut pas s'inventer.
Cette république est un marais putride. pic.twitter.com/rmvgVG16gL
La proposition de loi sur la fin de vie ayant été adoptée le 15 juillet 2026 et des recours devant le conseil constitutionnel ayant été annoncés, j'ai fait une contribution extérieure sur la base du contenu de cet article.
Elle était constructive en suggérant un régime transitoire avec des garanties vraiment effectives.
Je me suis rendu compte que l'article 13 de la proposition de loi renvoi à un décret de préciser les garanties essentielles que je demandais.
Cela vient nuancer sérieusement ce que j'ai dit plus haut, mais attention, c'est compliqué !
Pour ma décharge, c'est inhabituel que le renvoi à un décret se fasse beaucoup plus loin dans le texte, cela résulte d'un examen compliqué du texte en 3 lectures.
de plus, il semble que le premier ministre Sébastien Lecornu
n'ait pas vu non plus cet article 13, puisqu'il déplore devant le conseil constitutionnel le manque de précisions.
Là où c'est kafkaïen, c'est que ce soit le premier ministre lui-même qui conteste ce point là, car, comme il dirige le gouvernement qui fait les décrets, ce serait à lui-même d'apporter les garanties qu'il réclame !
En fait, Le problème de fond de cette loi, c'est que pour trancher sa conformité à la constitution et notamment des articles 6 et 9, il faudra donc d'abord examiner la conformité à la constitution de l'article 13 :
Cet article 13 dispose :
La sous-section 3 de la section 2 bis du chapitre Ier du titre Ier du livre Ier de la première partie du code de la santé publique, telle qu’elle résulte des articles 5 à 12 de la présente loi, est complétée par un article L. 1111-12-11 ainsi rédigé : « Art. L. 1111-12-11. – Un décret en Conseil d’État précise les conditions d’application de la présente sous-section, notamment : « 1° Les modalités d’information de la personne qui demande l’aide à mourir ; « 2° La forme et le contenu de la demande mentionnée à l’article L. 1111-12-3 et de sa confirmation mentionnée au IV de l’article L. 1111-12-4 ; « 3° La procédure de vérification des conditions prévues à l’article L. 1111-12-2 ; « 4° Les modalités selon lesquelles le médecin mentionné au I de l’article L. 1111-12-3 accède aux données du registre mentionné à l’article 427-1 du code civil. »
Dans tous les cas, une pression maximale s'exerce sur le conseil constitutionnel concernant ce texte bancal, surtout qu'habituellement, c'est le premier ministre qui défend les textes déférés au conseil constitutionnel et à ce jour, il n'y a personne devant le CC pour le défendre.
Si le CC valide le texte, il devrait donc assumer cette responsabilité seul.
Rédigé et publié initialement le 14 juillet 2026
Ajout post d'Au Bon Touite le 15 juillet 2026 au matin
Ajout contribution extérieure le 15 juillet 2026 au soir
Ajout additif le 18 juillet 2026 sur l'article 13 au soir
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Voir ma procédure pénale contre Emmanuel Macron
Une saisine directe précédente du conseil constitutionnel
Voir ma saisine de la HATVP, Brigitte Macron est soumise à des obligations de transparence, les documents qu'elle doit transmettre à la HATVP ne sont pas publiés d'office mais sont communicables à toute personne qui en fait la demande.