Comment libérer les Francais de l'asservissement de la dette ?

Fers esclave, Wikicommons Antoine Taveneaux
Texte rédigé le 23 mai 2023, modifié le 27 mai 2023

La problématique

Certains souverainistes (par exemple François Asselineau, Florian Philippot, Nicolas Dupont Aignan) proposent de sortir la France de traités internationaux tels que l'Union Européenne (donc de l'euro), l'OTAN, voire l'OMS et la CEDH pour que la France retrouve sa souveraineté.
S'il est sûr que cela permettrait à la France de retrouver des marges de manoeuvres, celle ci resterait toutefois sous le joug des débiteurs. Cela d'autant plus, que lors du Brexit, le Royaume-Uni avait dû payer 47.5 milliards d'euros de soulte à l'Union européenne lors du Brexit.
Dès lors, s'il est clair que les candidats souverainistes souhaitent accéder au pouvoir pour mettre en oeuvre leur programme, cela permettrait il aux français de retrouver vraiment leur liberté ?
Dans une première partie, je remarquerais que recouvrer une souveraineté nationale n'est pas forcément donner du pouvoir au peuple.
Dans une deuxième partie, je proposerai un moyen de sortir du joug de la dette, souvent oubliée des programmes souverainistes, et au passage de permettre aux français de recouvrer réellement leur liberté.

Le lieu de la souveraineté

Parmi les souverainistes, on peut avoir plusieurs conceptions très différente de la souveraineté, la première, par exemple incarnée par Eric Zemmour, considère que le pays est le lieu de la souveraineté exclusive, et il voue une adoration aux institutions de la Vème République, et il souhaite accéder à la fonction suprème pour avoir de très larges pouvoirs et mettre en place son programme. D'accord, mais en quoi cela change t'il du macronisme qui confisque le pouvoir et ne soucie pas du peuple ?
D'autres souverainistes, veulent instaurer le Référendum d'Initiave Citoyenne en toute matière pour redonner une partie du pouvoir au peuple.
Le préambule de la constitution de la Vème République, définit ainsi la souveraineté : "Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l'homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu'ils ont été définis par la Déclaration de 1789,[..]"
Cela renvoie notamment à l'Article 3 de la DDH 1789 qui dispose : Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément.
L'article 2 de notre constituion dispose aussi "Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple."
Cependant si notre consitution a une volonté de respecter le choix du peuple, cela reste lettre morte en pratique, on peut ainsi voir que les initiatives de référendum sont bloquées, que le référendum de 2005 rejetant la constitution européenne a été contourné, que les rares pétitions officielles sur le site de l'assemblée nationale (genre dissolution de la BRAV-M) recueillant nombre de voix sont ignorées.
On n'est donc pas une démocratie mais plutôt face à un accaparemment du pouvoir par les élus qui ne le rendent jamais pas au peuple.
La constitution est un bout de papier sans trop de portée puisque le président de la République, censé être le "garant des institutions" en fait ce qu'il veut, la théorie de la loi écran fait qu'il est difficile de l'appliquer directement. Il n'y a pas de délit de violation de la constitution, donc, son mépris est rarement, sinon jamais, sanctionné.
La conception comme quoi l'avis des Français sollicité une fois tous les 5 ans serait un quitus donné aux élus pour qu'ils fassent ce qu'ils veulent pendant ce temps est pour moi inacceptable et un déni de démocratie.
Pour ma part, je considère que le pouvoir n'appartient réellement au peuple que lorsque certains domaines essentiels sont de sa compétence exclusive (par exemple la ratification de traités internationaux touchant à des domaines relevant de sa souveraineté).
Dès lors, il faut changer de régime constitutionnel pour redonner le pouvoir au peuple.
L'article 3 de la DDH 1789 dit que la Nation est le principal lieu d'exercice de la souveraineté, ce qui n'exclue pas que la souveraineté puisse s'exercer ailleurs, d'ailleurs l'Union Européenne grignote une bonne part de notre souveraineté. C'est aux institutions nationales de définir comment s'exercent la souveraineté du peuple.
L'article 16 de la DDH 1789 ajoute "Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution."
Donc une autre constitution pourrait répartir tout autrement les pouvoirs, par exemple les révisions constitutionnelles et les ratifications de certains traités devraient être du domaine exclusif du référendum, tout en étant compatible avec la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, dont on pourra noter que, plus de 200 ans plus tard, les principes énonçés restent d'actualité (par exemple la phrase "considérant que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements" dans son préambule).

Le joug de la dette

L'ampleur de la dette crée un carcan

Selon l'INSEE au 28 mars 2023, la dette publique au sens de Maastricht s'établit à 2 950,0 milliards d'euros à la fin du 4e trimestre 2022. Elle atteint 111,6 % du PIB fin 2022.
S'il est clair que les candidats souverainistes veulent accéder au pouvoir pour appliquer leur programme, on peut se demander comment ils comptent mettre en oeuvre leur sortie de l'union européenne et de l'euro, vu que, quand bien même ils arriveraient au Frexit, la France resterait redevable de cette immense dette.
Les débiteurs de la France dicteraient ils réellement sa politique ? Le poids de cette dette empêche t'il toute réforme institutionnelle d'ampleur car "There Is No Alternative (TINA)" que de continuer à déléguer une partie de notre souveraineté à la Banque Centrale Européenne qui refinance nos dépenses excessives ?
Sans approfondir trop ces éléments, je dirais que la plupart des gouvernements européens se sont engagés à plein de choses envers l'Union Européenne, ils n'ont pas de vision à long terme vu le poids de la dette et que certaines aides européennes étant conditionnées à la réalisation de certaines réformes, ces gouvernements sont condamnés à une fuite en avant sous de le diktat d'Ursula Von der Leyen qui n'est pas élue par le peuple.
Le peuple français est l'esclave de la dette.
En augmentant la dette française de 600 milliards d'euros, pour financer les confinements successifs, Macron a non seulement privé les français de leur liberté d'aller et venir à ce moment là mais les a réduit à un esclavage pour une durée pérenne en privant ses citoyens de possibilité de s'en sortir puisque si la France voudrait sortir de l'euro, elle pourrait se retrouver insolvable.
L'Etat français a une dette abyssale mais quel est son patrimoine, quels sont ces actifs ? Certes l'état français détient en propre quelques immeubles, quelques musées, mais valent ils 2950 milliards d'euros.
Assurément non, les principaux actifs : propriétés, maisons, entreprises, appartiennent aux individus, pas à l'Etat français
Si les débiteurs prêtent à la France, c'est soit parce qu'ils pensent que la France peut toujours lever des impôts pour rembourser la dette, soit parce qu'ils pensent que la Banque Centrale Européenne peut couvrir une partie de la dette. Mais si on sort de l'euro, la France bénéficiera t'elle toujours de cette protection ?
Surtout, quel est le coût de cette "protection" en terme de perte de souveraineté du peuple français ?

Le droit des peuples à disposer d'eux mêmes

La charte des nations des nations unies est fondée (article 1er) "sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes"
Ce concept de droit international est universellement reconnu et la constitution française le reconnait explicitement puisque le préambule de la constitution de la Vème République reconnait le principe "de libre détermination des peuples" même s'il ne semble décliner ce droit que pour les territoires outre mer.
L'intérêt du droit des peuples à disposer d'eux mêmes, c'est que, comme son nom l'indique, n'est pas subordonné à la volonté d'un tiers, notamment d'une entité supranationale, d'une autre Nation, ou des dirigeants du pays concerné lui-même.

Mise en oeuvre du droit des peuples à disposer d'eux mêmes pour se libérer de la dette

Donc il existe une possibilité théorique de mettre en oeuvre ce droit :
Supposons par exemple qu'une partie de la population française ne se reconnaisse plus avec les institutions et les dirigeants actuels
Du coup, cette partie de la population souhaite s'en sortir et souhaite se rattacher à une nouvelle entité, pays créé de toutes pièces, que nous appelerons par exemple ici "Nouvelle Gaule" pour illustrer très schématiquement le projet théorique.
L'article 11 de la constitution permet au président de la République de soumettre au peuple un large éventail de question et en pratique, il peut soumettre n'importe quelle question au peuple vu que le conseil constitutionnel s'est déjà déclaré incompétent pour en contrôler l'usage (62-20 DC, disant par ailleurs que les lois "adoptées par le Peuple à la suite d'un référendum, constituent l'expression directe de la souveraineté nationale").
Il y a eu un précédent avec le référendum d'indépendance de l'Algérie le 1er juillet 1962 (plus de 99% de OUI) ; à noter qu'à l'époque, l'Algérie française n'était pas considéré comme un "territoire d'outre mer" au sens du préambule de la constitution mais comme un département français à part entière.
Donc dans chaque département on pose par référendum par exemple cette question :
Souhaitez-vous que la population du département soit rattachée à la constitution de la Nouvelle Gaule ?
Supposons que la quasi totalité des départements français (sauf par exemple Paris) réponde Oui à cette question, donc un nouveau pays la "nouvelle Gaule" est créé, sans aucune dette, et la France qui subsiste en vigueur dans un département, a elle une dette insoutenable, vu sa faible population restante qui doit assumer seule 3000 milliards de dettes.
Bien entendu, ce processus de fiction ne se déroule pas sans heurts : Paris, seul département à avoir répondu "NOn" est assiégé, et comme il est enclavé, il ne peut se ravitailler, l'électricité est coupée et alors c'est vite plié, les dirigeants de ce qu'il reste de la France capitulent, reconnaissent une dette de 100 000 euros de la France envers chaque habitant ayant subi un confinement (la somme peut paraître élevée mais on a pu voir que la Californie proposait 5 millions de dollars d'indemnisation à chaque habitant Noir),
cela ajoute mathématiquement 6 700 milliards d'euros de dettes à la France qui était déjà insolvable.
Donc en gage, les musées, les bâtiments nationaux, l'armée, etc... sont donnés à la Nouvelle Gaule.
Par conséquent, la Nouvelle Gaule se retrouve instantanément sans dette et avec les actifs de l'ancienne France.
Dans un deuxème temps, les institutions de la Nouvelle Gaule sont constituées avec des référendums, posant les questions suivantes (pourquoi pas, finalement, c'est au peuple de décider s'il veut être asservi à des organisations internationales) : Voulez-vous adhérer à l'UE ? Voulez-vous adhérer à l'OTAN ? Voulez-vous adhérer à la CEDH (pour ma part, je considère cette entité comme une protection supra nationale des individus contre les excès des gouvernements) ? Etc...

Conclusion

Donc dans cette fiction, que l'on pourrait qualifier de révolutionnaire, la population française a recouvré sa liberté en créant un nouveau pays la Nouvelle Gaule, sans dette mais avec l'essentiel des actifs de la France.
Bien sûr, je ne garantis pas du sort de l'île aux Moutons, inhabitée, ou que certaines collectivités territoriales outre mer profite de l'occasion pour déclarer leur indépendance ni que la Nouvelle Gaule conserve le siège au Conseil de sécurité qu'avait la France ni qu'il y ait quelques contentieux internationaux suite à cette initiative du peuple à déclarer son indépendance.
Toutefois, ce scénario idéaliste, est probablement plus crédible que tout autre scénario de sortie de crise.